En effet, contrairement aux craintes exprimées, la crise sanitaire n’a pas entraîné une chute de l’engagement. L’enquête du Centre de recherche sur les associations a fait apparaître un fort développement de l’investissement dans l’action sociale et caritative dont le taux de participation est passé 3,7 % à 11,5 % de la population entre 2002 et 2017. Le défaut de considération par les pouvoirs publics de certains besoins entraîne de formes de mobilisations collectives inédites et variées, du soutien aux plus démunis, aux étrangers ou à la défense du climat par exemple.
La progression est aussi notable pour le domaine des loisirs, dont le taux a été multiplié par deux, de 5 % à 10 %, au cours de la même période. Mais le premier domaine reste la défense des droits, de causes ou d’intérêt spécifique (défense des consommateurs, environnement, logement, etc.) avec 13,2 % en 2017, lui aussi en progression (10,4 % en 2002).
Ainsi, l’autonomie croissante des individus dans notre société, liée notamment à l’élévation du niveau de diplôme, n’implique nullement une diminution de l’engagement collectif. Le risque est alors de confondre la mutation des formes d’engagement (qui a pour conséquence l’apparition de nouvelles incarnations de bénévolat et la disparition d’autres), et le déclin de cet engagement.
Pour autant, au regard des évolutions des modes de participation, les leviers de motivation du bénévole restent-ils les mêmes ?